Allaiter pourquoi ?

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'allaitement !

Pourquoi l'allaitement maternel pour mon bébé ?

Allaiter est un geste naturel, votre corps se prépare pendant votre grossesse à nourrir bébé une fois né. Mais c’est aussi un geste santé pour vous et votre enfant, ainsi que l’occasion de construire votre relation.

Toutes les mères qui souhaitent allaiter leur bébé réussiront leur allaitement surtout si elles sont bien informées et bien accompagnées. Il n’existe que de très rares cas où l’allaitement est impossible ou contre-indiqué.

Avant toute chose, reprenons les fondamentaux et essayons de répondre à toutes vos questions sur l’allaitement.

Parce que toutes les mères peuvent le faire

Quand on attend son premier enfant, on se pose toujours une question avec inquiétude « je souhaite allaiter, mais vais-je pouvoir allaiter mon bébé ? »

Pourquoi se pose-t-on cette question alors même que les contre-indications sont extrêmement rares (voir plus loin le chapitre « les contre-indications ») et qu’un petit miracle, encore plus compliqué, est en train de se produire en nous ?

Peut-être parce qu’on a toutes déjà entendu une amie, une tante ou une grand-mère dire qu’elle n’avait pas pu allaiter son enfant, nous avons déjà toutes entendu quelqu’un mettre en doute sa propre capacité à nourrir son enfant : « Je n’avais pas assez de lait » ou « mon lait n’était pas assez riche, pas assez nourrissant».

Si vous avez lu attentivement le début de cette page, vous avez compris que le lait maternel est totalement adapté à votre enfant et à ses besoins. Donc aucune raison que votre lait ne soit pas assez nourrissant, il est parfait pour votre enfant.  Les disparités de quantité de lait produit existent (de 80 à 800 ml par jour selon les femmes) mais le fait d’avoir de petits ou de gros seins n’affecte pas notre capacité à produire du lait.  Si vous avez bien compris le mécanisme de la lactation, il n’y a aucune raison de ne pas avoir assez de lait (voir chapitre suivant « Alors, la lactation, comment ça marche ? ») si l’on stimule sa lactation en mettant simplement bébé au sein.

Aujourd’hui, on connaît mieux les mécanismes physiologiques de la lactation et on peut plus facilement apporter des réponses concrètes aux jeunes mères pour qu’elles reprennent contrôle de leurs corps et réussissent leur allaitement.  L’allaitement est une symbiose entre la mère et son enfant, c’est un couple dans lequel chacun a son propre rôle à jouer : bébé stimule le corps de la mère qui en retour produit le lait.

Parce que c’est l’aliment le plus adapté à votre bébé

Le lait maternel est unique et sa composition est entièrement adaptée aux besoins de votre propre bébé en termes de vitamines, protéines, acides gras, sels minéraux, oligoéléments, sucres, graisses etc.

Si sa composition varie au fil des semaines en fonction de l’âge du bébé, elle varie également au cours de la tétée : plus riche en eau et en sucres en début de tétée pour favoriser la succion, votre lait devient plus riche en graisses en cours de tétée quand bébé a trouvé les bon rythme et tète avec plus d’entrain.

Certains éléments sont spécifiques au lait de femme et irremplaçables par les laits animaux ou synthèse : certains acides gras et acides aminés essentiels (dont cholestérol), la lactoferrine, des oligosaccharides, des immunoglobulines, des facteurs de croissance, des hormones, des enzymes, et d’autres cellules.

Preuves que la nature est bien faite : le lait maternel est très digeste puisque c’est le seul aliment qui puisse être absorbé par les systèmes digestifs les moins matures, ceux des enfants nés prématurément. La mère produit alors un lait spécifique dit « pre-term milk » qui va aider le bébé prématuré à se défendre et à grandir plus vite hors de l’utérus maternel (voir notre chapitre « Allaiter un bébé prématuré »).

A l’inverse, si vous ne souhaitez pas allaiter – et vous en avez évidemment le choix – sachez que le traitement médicamenteux que l’on prescrivait il y a quelques années pour empêcher la montée de lait n’est aujourd’hui plus prescrit : l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) a émis un avis en 2013 à ne plus prescrire ce médicament en raison du rapport insuffisant entre les effets indésirables et le bénéfice du médicament.

La majorité des mères qui ne souhaitent pas allaiter ont donc une montée de lait, plus ou moins douloureuse, traitée par antalgique et anti inflammatoire (ou homéopathie) et qui passe en 48 à 72h.

Parce que les bienfaits sont nombreux pour votre bébé

En allaitant votre bébé, vous faites bien plus que le nourrir.

Vous lui transmettez non seulement vos anticorps pour mieux résister aux maladies infantiles, mais vous agissez à bien plus long terme en réduisant le risque de développer certaines maladies. Il a été prouvé que certains bienfaits de l’allaitement maternel se ressentent encore à l’âge adulte.

 A court terme :

  • diminution des infections ORL, respiratoires, digestives, mais aussi bactériennes, virales et parasitaires
  • diminution des allergies (notamment alimentaires), des dermatites atopiques, de l’asthme chez les enfants à risque
  • existence d’un « facteur protecteur » contre le diabète de type 1et 2, contre la surcharge pondérale, contre l’obésité pendant l’enfance et l’adolescence, et peut-être les maladies cardio-vasculaires (études en cours)
  • protection contre la maladie cœliaque (intolérance au gluten)
  • protection contre les maladies inflammatoires du tube digestif (maladie de Crohn et recto-colite hémorragique)
  • réduction du risque de mort subite du nourrisson

Les études les plus récentes parues dans la revue médicale britannique The Lancet en 20161, apportent également un éclairage sur les bénéfices de l’allaitement maternel à plus long terme et ses bénéfices sur la société entière :

  • les enfants allaités présentent moins de malocclusions dentaires (mauvaises positions des dents ou des mâchoires)
  • les enfants allaités ont un meilleur score de quotient intellectuel que ceux allaités pendant une courte période ou pas allaités du tout
  • l’allaitement améliore les performances scolaires et favorise les acquisitions cognitives
  • l’allaitement maternel permet de réduire la morbidité infantile tant dans les pays riches que dans les pays en développement : 800 000 enfants pourraient être sauvés chaque année si l’allaitement était généralisé jusqu’à l’âge de 6 mois
  • de la même manière, l’allaitement maternel pourrait réduire de 20 000 le nombre de décès par cancer par an
  • il permettrait de faire des économies sur nos systèmes de santé par les coûts directs et indirects économisés au titre des maladies infantiles évitées. En 1997, il a été calculé une économie de 2,7 millions d’Euros en France pour une élévation de 5% du taux d’allaitement. En 2016, cette économie potentielle serait de 2,4 milliards de Dollars par an pour les Etats-Unis si le taux d’allaitement était porté à 90% contre 49% aujourd’hui.
  • et vous construisez, tétée après tétée, un lien intime et invisible avec votre enfant.

La liste est longue mais elle n’est pas exhaustive car les études sont permanentes sur le sujet.  Maintenant vous savez pourquoi le lait maternel est le meilleur aliment pour votre enfant.

Parce que bienfaits sont également nombreux pour les mères

Comme la nature est bien faite, l’allaitement maternel  protège également la santé des mères :
  • en accélérant les contractions de l’utérus, celui-ci reprend sa forme plus rapidement
  • allaiter aide à réduire votre poids et votre masse graisseuse pendant les 6 premiers mois
  • allaiter réduit le nombre de dépression du post-partum
  • l’allaitement est un facteur de protection contre de cancer du sein et de l’ovaire
  • il permet de réduire les risques de pathologies métaboliques et cardio-vasculaires, et peut-être d’ostéoporose (étude en cours)
  • l’allaitement offre une meilleure réponse au stress aux mères, une meilleure estime de soi et une sensation de bien-être
  • allaiter construit le lien mère-enfant

Et ne nous le cachons pas, l’allaitement maternel offre une réelle liberté : pas de besoin de biberon, de lait en poudre, d’eau, de micro-ondes ou de stérilisateur, le sein est toujours prêt et à bonne température.

Pas de contrainte de préparation des biberons la nuit dans le noir, pas de lavage des biberons et les tétines 8 fois par jour (ou plus pour les parents de multiples) et pas de matériel à déplacer, on peut réellement voyager léger avec un bébé allaité.

Parce que c’est un moment privilégier pour créer le lien d’attachement avec votre bébé

Au-delà des considérations et bienfaits cliniquement prouvés pour le bébé et la mère, l’allaitement maternel apporte des bienfaits psychiques.

Il fait partie des pratiques dites de « maternage » permettant de répondre au besoin de proximité physique primaire de l’enfant en complément des autres besoins comme manger ou dormir.
Quand ce besoin de proximité est satisfait, l’enfant peut alors s’éloigner de la figure parentale avec l’assurance nécessaire pour explorer le monde. Un glissement progressif a été opéré ces 15 dernières années : du modèle prônant de laisser pleurer l’enfant seul vers un modèle plus proche de l’enfant avec des pratiques de « maternage proximal » telles que le portage en écharpe, le co-dodo, ou l’allaitement entre autres exemples.

Ces pratiques, normales dans beaucoup d’autres pays, n’ont trouvé leur légitimité et leur médiatisation en France que depuis les années 2000 avec les livres publiés par la pédiatre Edwige Antier, la psychologue Isabelle Filliozat et par Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, ainsi que la parution du premier PNNS (Plan National Nutrition et Santé) promouvant l’allaitement maternel en raison de son effet protecteur sur l’obésité.

Si bien qu’autrefois, l’allaitement maternel était considéré comme un choix personnel, à partir de 2000, il devient un enjeu de santé publique.

On voit donc de plus en plus de bébés portés en écharpe, ce qui correspond également au besoin de proposer l’accès libre au sein et à la demande du bébé, prôné par les consultantes en lactation.

Dans une récente étude de l’American Academy of Pediatrics (AAP), les pédiatres réitèrent leurs recommandations sur l’importance du contact physique entre la mère et son bébé dès la naissance.

Ils ont constaté que le peau à peau (mettre bébé nu contre votre poitrine, pratiquée par les mères et les pères) permettait à l’enfant de stabiliser et normaliser sa température corporelle et son rythme cardiaque, d’être colonisé par les mêmes bactéries que sa mère, développant ainsi son système immunitaire et au final, d’être plus heureux.

Cette pratique du peau à peau est d’ailleurs une pratique incontournable dans les unités de néonatalogie pour tous les bénéfices cités.

Parce que c’est le seul aliment que votre bébé prématuré peut digérer

Parce que c’est le seul aliment que votre bébé prématuré peut digérer

Parce que la nature est extrêmement bien faite, les mères ayant donné naissance à leur enfant de manière prématurée produisent un lait unique pour répondre aux besoins spécifiques de leur bébé prématuré : le « preterm milk ».

Ce lait pour prématurés est plus riche en éléments essentiels pour aider le bébé prématuré à lutter contre cette mise au monde trop tôt : protéines, sodium, potassium, chlore, calcium, en lipides totaux, en rétinol (vitamine A) et en tocophérol (vitamine E), en vitamines D nécessaires pour absorber le calcium et le phosphore, en facteurs de croissance, en hormones, en immunoglobulines par rapport au lait de mères d’enfants nés à terme.

Les enfants prématurés demandent encore plus de soins et d’attention que les enfants nés à terme.
Même si l’appréhension est encore plus forte face à l’allaitement d’un (ou plusieurs) bébé prématuré, sachez qu’il est tout à fait possible, et même très souhaitable, de l’allaiter car il favorise non seulement la transmission des anticorps de la mère pour lutter contre les infections, mais il est aussi l’unique moyen de nourrir un bébé prématuré puisque son système digestif immature ne parvient pas à absorber les laits de synthèse.

Les équipes médicales qui accueilleront votre enfant vous conseilleront de lui tirer votre lait pour le lui donner. Si vous ne souhaitez vraiment pas allaiter, votre enfant recevra alors du « lait de mère » (voir notre chapitre sur le « Don de lait au lactarium ») fourni par un lactarium, sur ordonnance du pédiatre exactement comme un médicament.

N’hésitez pas à échanger avec d’autres mères vivant ou ayant vécu l’allaitement de prématurés, ou avec les correspondants locaux des 70 antennes de l’association SOS Préma : www.soprema.com
Si vous hésitez encore allaiter votre bébé prématuré, voici quelques conseils pour vous aider au mieux à faire votre choix et préparer cet allaitement un peu spécial :
  • Votre bébé est très petit et semble fragile, il est peut-être même sous assistance : il a besoin de votre lait pour mieux se défendre, pour grandir plus vite et pour se renforcer.
  • vous vous inquiétez pour la santé de votre bébé, et cela peut avoir un effet sur votre moral et donc votre lactation. C’est tout naturel. Sachez que vous pouvez agir pour aider votre bébé en essayant de lui donner le meilleur de vous : votre lait de prématuré, qui répond aux besoins spécifique de votre enfant né trop tôt.
  • votre bébé est né avant 35 SA, il y a de grandes chances pour qu’il n’ait pas encore acquis le réflexe de succion. Vous devez alors stimuler votre montée de lait et tirer votre lait (6 à 7 fois par jour avec un temps de repos de 6h la nuit) pour qu’il soit donné à votre bébé par la sonde gastrique (ou à la tasse ou bien encore à la cuillère). Il s’agit au début de faire des tétées « d’apprivoisement » dont l’objectif n’est pas de nourrir bébé, mais de privilégier le contact, l’odeur, la chaleur. Vous pouvez alors déposer quelques gouttes de lait sur ses lèvres en stimulant votre mamelon. Puis votre bébé apprend au fur et à mesure des tétées d’apprentissage à ouvrir grand la bouche, à sortir la langue, à sucer, à respirer au bon moment, à déglutir etc. Enfin, les tétées nutritives lui permettent de se nourrir progressivement seul, sans besoin de complément à la sonde pour enfin savoir téter de manière totalement autonome.
  • votre bébé dort souvent et n’est pas suffisamment éveillé pour téter : profitez de ses moments d’éveil pour le mettre au sein et tirez votre lait le reste du temps, si possible tout près de lui : les études montrent que la montée de lait est favorisée quand la mère regarde son bébé ou simplement en respirant l’odeur d’un doudou laissé au contact de l’enfant.
  • profitez du peau à peau quand cela est possible, c’est déjà un premier pas vers l’allaitement
  • n’hésitez pas à utiliser des bouts de sein en silicone car bien souvent la petite bouche du bébé ne parvient pas à correctement prendre le mamelon et il permet au bébé de moins se fatiguer.
  • sachez que si vous aviez décidé de ne pas allaiter mais que vous avez changé d’avis,  il est tout à fait possible de relancer votre lactation dans les 48 à 72h suivant la naissance. Vous pourrez alors tirer votre lait, naturellement produit par votre corps à partir de l’accouchement, quel que soit le terme de naissance de l’enfant.

Le saviez-vous ? Ces stars aussi allaitent !

Pink
Angelina Jolie
L’allaitement est un geste naturel et universel. Aussi, beaucoup de stars de par le monde parlent aujourd’hui plus ouvertement de leur allaitement qui redore ses galons et sa modernité, porté par ces mamans stars.

En France, l’une des première à avoir pris la parole est la top-model Laetitia Casta en 2010 dans le magazine Elle et en couverture de Vogue, pour témoigner son bonheur d’allaiter. La chanteuse Vanessa Paradis  a elle aussi allaiter.

Ailleurs dans le monde, les top-modèles Natalia Vodanova, Claudia Schiffer, Gisele Bündchen mais aussi les actrices comme  Angelina Jolie, Alyssa Milano (qui plaide en faveur de l’allaitement long et très active en « brelfy »), ou encore les chanteuses Beyoncé, et la féministe Pink, ont emboîté le pas et se sont emparées des réseaux sociaux comme Instagram, où elles s’affichent fièrement en train d’allaiter.

Ces réseaux sociaux ont permis aux mères allaitantes de reprendre la parole aux Etats-Unis, où l’allaitement en public est très compliqué. Les hashtags #normalizebreastfeeding (traduction : normalisez l’allaitement) et les #brelfy (contraction de « breastfeeding » = allaitement et « selfy ») ont fleuri.

Les mères allaitantes qui se font reconduire hors des lieux publics (restaurants, magasins, espace public…) par des vigiles trop zélés, relaient également leur expérience sur Facebook et Instagram, clamant leur droit élémentaire à nourrir leur enfant, elles sont soutenues par des milliers de followers.